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Région Midi-Pyrénées Département du Tarn 81110 Lagardiolle

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DE CHEZ NOUS

 

 

Quelques histoires, anecdotes, légendes locales transmises par les anciens

La plupart des histoires ont une origine réelle.

Elles sont repérées par *

 

 LA DERNIERE

 

LA LEGENDE DES SOURCES DU SOR A ARFONS

 (La rivière Le Sor pren sa source à Arfons. Cette source est multiple puisque 11 "bras secondaires" en sont à l'origine d'où cette légende jamais retrouvée par ailleurs.

   Il était une fois, près d’Arfons, une femme, bergère de son état. Elle gardait son maigre troupeau de 11 moutons dans la campagne environnante. Qu’il pleuve, qu’il vente elle était toujours là avec ses11moutons. Cela ne la désolait pas puisque c’était sa vie et qu’elle l’avait toujours vécue ainsi. Ce qui la rendait malheureuse, c’était de ne pas avoir d’enfant.

Or, il se disait que toute femme qui buvait à la source du ruisseau SOR, qui coulait non loin de là, était assurée d’enfanter dans l’année qui suivait.la pauvre bergère hésitait à s’y rendre, car, il se disait aussi que cette source était le domaine d’une sorcière. Mais les tourments de la bergère étaient tels, qu’un beau jour elle se rendit à la source. C’était un jour d’orage, mais malgré cela, la bergère alla son chemin jusqu’à la source où elle se sentait maintenant irrésistiblement attirée. Lorsqu’elle arriva au lieu dit, elle fut étonnée du calme qui y régnait, elle n’y vit personne. Alors elle se pencha, et faisant un creux de ses deux mains, elle prit un peu d’eau pour la porter à ses lèvres. C’est au moment, où ses mains ridèrent la surface de l’eau, qu’un éclair sembla surgir des entrailles de la terre et que la bergère aperçut l’abominable visage.C’était celui de la sorcière, la maîtresse de l’eau. C’était une vieille femme aux traits difformes. D’une voix sinistre elle lui dit : « Femme qui t’a permis de troubler mon eau, ne sais-tu pas que cette source m’appartient ? ».La bergère apeurée, laissa échapper l’eau qu’elle allait porter à ses lèvres, comme si celle-ci était brûlante. C’est alors que la sorcière lui dit : « je  sais  pourquoi tu es venue et tu peux boire. Tu enfanteras dans l’année mais sache qu’au jour où ton enfant naitra ton troupeau m’appartiendra. Le tonnerre gronda alors et la bergère ferma les yeux. Quand elle les rouvrit tout était calme, l’orage avait cessé. La bergère crut avoir rêvé et se mit à rire toute seule. Elle trempa à nouveau sa main dans l’eau claire et fraiche, la porta à ses lèvres et recommença ainsi plusieurs fois tant cette eau était agréable. Il lui semblait, à chaque gorgée qu’une douce chaleur envahissait son corps. Dans les mois qui suivirent, le corps de la bergère se transforma, son ventre s’arrondit. Son vœu le plus cher avait été exaucé. Un enfant allait lui naitre. Bien que cela lui devienne de plus en plus malaisé, la bergère conduisait chaque jour ses 11 moutons pour s’en aller les faire paître. C’est ainsi, qu’un beau jour, les douleurs de l’enfantement la saisirent au beau milieu des pâturages. Elle mit au monde un beau garçon, seule, tandis que ses moutons s’éparpillaient, libres de tout gardiennage. Ayant enveloppé son enfant dans son manteau, elle s’endormit, le serrant dans ses bras. A son réveil, elle voulut rentrer chez elle. Elle se leva et entreprit de ramener son troupeau. Mais, elle eut beau chercher, appeler, ses moutons avaient disparu. C’est alors qu’elle s’aperçut que, jaillissant de la terre, 11 petites sources s’écoulaient lentement vers le ruisseau du Sor où quelques temps auparavant elle s’était abreuvée. La sorcière du Sor avait fait son ouvrage, elle avait changé les moutons en source afin que maintenant ils lui appartiennent.Si vous allez y voir, vous trouverez encore les 11 sources, et ne soyez pas surpris si, parmi les herbes folles, vous voyez, comme une écume écrue flotter à la surface de l’eau. Ce sont de brins de laine, la laine de la toison de 11 moutons.  

Recueilli par augef. Si un lecteur la connaît par ailleurs merci de m"indiquer où : 

Adresse courriel

lagardiolle.tarn@free.fr

L'EPHEMERE

 

Histoire souvent contée par un  prof de philo du lycée de Revel dans les années 60/70.

Un pêcheur est assis au bord d'un lac. Passe un touriste qui essaie d'engager la conversation :

-Bonjour ! ça mord ici ?

- .....

- Vous péchez quoi par ici ?

-......

- Moi, je pêche en mer, chez moi dans le Pas de Calais

-....

Cela continue un bon bout de temps. A aucun moment le pêcheur n'ouvre la bouche et ne daigne répondre ou commenter les propos du touriste.

Margré le mutisme du pêcheur, le touriste continue de parler de tout et de rien. Il continue :

- Remarquez, bon, aujourd'hui il fait beau temps. Hier c'était pas vraiment le cas.

-....

Tout à coup un petit papillon minuscule vient se poser sur la canne à pêche du pêcheur sans que ce dernier ne dise ou ne fasse quoi que soit. Alors le touriste veut montrer son érudition et dit.

- Vous savez ce que c'est ce petit insecte ? ... Et bien cela s'appelle une éphémère . Parce que c'est un insecte qui ne vit qu'un jour. Il nait à l'aube et meurt le soir même.

Et là le pêcheur dit en marmonnant :

-Et bien au moins elle aura eu beau temps .

 

COEUR A PRENDRE

 

L'histoire était attribuée à des jeunes gens de Belleserre dans les années 1930/1940 mais se retrouve ailleurs sous d'autres formes.

Sidonie était fille de fermier. Elle était connue pour n'être pas très "farouche" et avait "connu" bien des garçons du coin. Les rencontres se faisaient lorsque Sidonie gardait les vaches. Les garçons  le savaient et venaient lui rendre visite (et plus). Dans ces conditions, dire que les vaches étaient gardées est quelque peu excessif. Heureusement que le chien de la ferme était plus sérieux.Donc tous les garçons du coin ou presque avaient eu au moins une expérience avec Sidonie.

Tous sauf, Jeannot, un voisin du même âge, beau garçon mais aux capacités intellectuelles limitées. Jeannot admirait Sidonie , il l'épiait mais n'osait pas l'approcher. Un jour cependant, qu'il se promenait à pied le long du bois, il remarqua la belle bicyclette bleue de Sidonie avait laissé là au pied d'un arbre. Jeannot se dit que Sidonie ne devait pas être loin, sans faire de bruit il chercha à l'apercevoir et en effet il la vit étendue sur une couverture à l'abri d'un fourré en l'attente d'un rendez-vous galant qui ne venait pas.

Jeannot s'approcha tellement que Sidonie l'aperçut.

- Tiens Jeannot, qu'est ce que tu fais là ? N'aie pas peur, viens me voir, viens t'asseoir près de moi.

Jeannot s'assit auprès d'elle sans faire un geste. Alors Sidonie entreprit de le déniaiser et commença par quelques atouchements qui incitèrent Jeannot à en faire autant. Très vite les ébats prirent une tournure assez "chaude" à tel point que Sidonie se mit à crier :

-Oh oui, prends moi, prends moi tout ce que tu veux !!!

Alors Jeannot se leva, arrangea ses vêtements, se dirigea vers la belle bicyclette bleue de Sidonie et il la prit (la bicyclette, pas Sidonie).

 

 

BONNE A TOUT FAIRE *

 

1947 dans un château du secteur de Sorèze.

M de LAMOTHE qui était veuf et vivait seul dans son immense château venait de perdre Ernestine sa vieille bonne. Il lui fallait donc trouver une remplaçante. Il fit passer une annonce demandant aux intéressées de postuler par lettre en indiquant les états de services. Il reçut trois lettres et décida de convoquer les 3 postulantes pour s'entretenir avec elles. Pour les recevoir il décida de se déguiser en jardinier.

Il reçut la 1ère ainsi habillé.

-Bonjour, je suis le jardinier de M de LAMOTHE. Il ne peut vous recevoir tout de suite car il a un contretemps. Je suis chargé de vous faire patienter et je peux déjà vous expliquer ce que vous aurez à faire. Vous serez chargée de faire les courses,  de préparer et servir les repas, de faire le ménage, et  de vous occuper du linge de Monsieur. Vous aurez 1 jour de congé par mois.

- Comment un seul jour par mois ! Oh, mais ça ne m'intéresse pas moi ! Vous direz à votre Monsieur que je ne suis pas une esclave, moi. Je préfère partir.

Il reçut la 2ème. à laquelle il fit la même mise en scène.

- Ouais, répondit-elle, faut voir. Est-ce que Monsieur est gentil ? parce que bon s'il est seul on peut s'arranger, moi je suis prête à le câliner un peu, si vous voyez ce que je veux dire et s'il est reconnaissant ça peut être intéressant. D'autant que s'il est vieux il risque de ne pas en profiter longtemps. ça sera tout boni pour moi.

- Hélas Madame, Monsieur est très pieux et peu enclin à la gaudriole. Je crains que vos ambitions ne puissent se réaliser.

- Oh, alors dans ce cas, je ne vais pas m'ennuyer à mourir dans ce lieu paumé. Vous direz à Monsieur que ça ne m'intéresse pas. Et elle partit.

Arriva la 3ème, vêtue de noir, laquelle fut soumise à la même mise en scène. Elle écouta le faux jardinier et dit :

- Cela me conviendrait car je n'ai pas de famille. Cependant, je voudrais savoir si Monsieur n'est pas du genre trop familier avec les filles, si vous voyez ce que je veux dire, parce que moi, ce genre de choses me dégoûte. On a déja vu des employées se faire engrosser par leur patron et je nr mange pas de ce pain là.

- Détrompez-vous ma chère enfant, dit le faux jardinier. Je suis M de LAMOTHE et je me suis déguisé ainsi pour vous faire parler. Je vois que vous êtes quelqu'un de sérieux et je vous engage.

Ainsi fut engagée Marceline car elle s'appelait Marceline.

Le premier mois elle coucha dans la chambre de bonne sous les combles. A partir du 2èmois elle coucha dans la chambre de feue Madame. Le 3ème mois elle coucha avec Monsieur. A la fin de l'année elle devint Mme de LAMOTHE. 2 ans après on enterra Monsieur et elle hérita du château.

 

 

 

LE PARISIEN

L'histoire était racontée par un vieux paysan habitant une ferme du côté de Saint Amancet. Elle se situe dans les années d'avant guerre au moment de la création des congés payés. Epoque ou de nombreux parisiens ont découvert la mer, la montagne et la campagne.

 

Léon n'aimait pas les étrangers c'est à dire les gens qui parlaient pointu. Il ne comprenait rien à ce qu'ils disaient, ils bouffaient les mots. (l'inverse était vraie aussi)

Un jour que Léon amenait ses vaches au pré en bordure du ruisseau des Avaris, il voit un jeune homme agenouillé au bord de l'eau en train de boire l'eau du ruisseau. Léon se dirige vers lui et l'interpelle en occitan:

- Eh, pitchou; té cal pas béuré d'aquela aïga, las vacas et les védels y an pissat et cagat dédinc ! *

- Le jeune homme se relève et dit avec un fort accent parisien

- Comment ? Pardon ? 'xcusez-moi, j' n' parl' pas vot' patois, j'ai rien compris à c' qu' vous m' dit' !

Alors Léon tout heureux de berner un parisien lui répond en français cette fois :

- C'est pas grave, je disais simplement : Profites-en, bois doucement, l'eau est très bonne ici ! 

* traduction :eh petit, ne bois pas de cette eau, les vaches et les veaux y ont pissé et chié dedans

 

LE BON FROMAGE

 

L'histoire se passe au XIXème siècle dans une ferme entre Dourgne et Arfons. Elle était racontée par un ancien boucher de Dourgne

C'était le début de l'hiver dans cette ferme misérable et isolée, entourée de bois. Là vivaient, Auguste et sa femme La Rolande.

La Rolande était une femme plutôt bien faite de sa personne qui ne laissait pas les hommes indifférents.

Un soir donc, alors qu'il faisait nuit noire et qu'Auguste et Rolande finissaient de souper, ils entendent frapper à la porte.

La Rolande va ouvrir et se retrouve devant un colporteur qui lui dit.

- Pardonnez-moi de frapper à votre porte, mais je me suis égaré de mon chemin. Heureusement j'ai vu la lueur de votre maison et je me permets de vous demander votre hospitalité pour cette nuit.

Trouvant le bonhomme à son goût, la Rolande le fait entrer et l'invite à partager le pain et la soupe.

L'homme accepte avec plaisir, s'installe à table et profite bien du pain et de la soupe. Quand il a fini, il avise un beau fromage posé sur la table face à Auguste .

Sans rien demander, il tend la main vers le fromage bien décidé à s'en couper un bout pour finir le repas. Mais il n'a pas le temps de le toucher qu'il se reçoit un coup de louche sur la main : C'est Auguste qui a frappé et qui lui dit:

-Ici le fromage c'est moi qui le fais, et c'est moi qui le mange, pas les étrangers !

L'homme n'insiste pas malgré que ce fromage lui fasse bien envie.

Le souper terminé, il est temps d'aller au lit. Mais la ferme ne dispose que d'un seul lit. Auguste dit :

-Nous dormirons tous les 3 ensemble. Ma femme à gauche, moi au milieu et vous l'étranger à ma droite. C'est comme ça ou vous allez dormir dans la paille dehors.

La nuit se passe ainsi. Au petit matin Auguste se lève pour aller soigner ses vaches et les traire, laissant l'étranger seul avec sa femme au lit.

La Rolande éprouvant un grand besoin d'affection se serre contre l'étranger lui murmure à l'oreille.

-Profitez-en il ne va pas revenir de sitôt.

Alors l'étranger se lève, se précipite à la cuisine... où il va manger le fromage !

 

 

L'OEUF DE LIEVRE *

 

Dans les années 20 du côté de Sorèze

Marie-Louise et Firmin étaient les jardiniers d'un château, propriété secondaire d'un industriel parisien.

Marie-Louise et Firmin avaient recueilli un petit neveu simple d'esprit  nommé "Le Janou". Cet automne là Le Janou allait sur ses 12 ans et ses capacités intellectuelles étaient toujours aussi limitées. Un jour, Firmin lui dit :

-Il faudrait que tu apportes cette courge à Mauricette qui habite la ferme d'en face sur l'autre colline.

Le Janou Connaissait Mauricette et cela ne le dérangeait pas d'aller la voir car elle était une des rares personnes à ne pas se moquer de lui.

Firmin continua :

-Fais bien attention, c'est très fragile, ce qu'il y a dedans est précieux. Tâche  de ne pas la casser.

Alors Le Janou s'en va, la courge sous le bras. Ce n'était pas qu'elle soit vraiment lourde mais elle était encombrante. Tous les 100 mètres Janou changeait de bras. Arrivé en haut de la colline. Le Janou en avait assez. Il décide de s'asseoir pour se reposer. Il pose la courge, mais celle-ci commence à rouler et dévale la pente de plus en plus vite . Janou se met à ses trousses,  court aussi vite qu'il le peut mais n'arrive pas à la rattraper. La courge s'écrase finalement contre un arbre en bordure du ruisseau qui coule en contrebas.

Tout près de l'arbre dormait un jeune lièvre, qui se reçoit un bon morceau de courge qui l'étourdit quelque peu.

Alors surgit Le Janou emporté par sa course et qui veut éviter que la courge ne parte au ruisseau. Il plonge et tombe sur le lièvre étourdi au milieu des débris de courge. Tout content il se saisit du lièvre et repart vers sa destination .

Arrivé chez Mauricette il lui donne le lièvre en disant :

-Tiens Mauricette, Firmin m'avait donné une courge pour toi, mais il s'était trompé c'était un oeuf de lièvre,je l'ai cassé mais heureusement j"ai pu récupérer le petit.

 

LA VERITABLE HISTOIRE DU BERET

 

Rapportée par un prêtre (portant le béret) du canton de Puylaurens dans les années 7O/80

Lorsque Dieu eut créé l'homme (et la femme) il voulut distinguer les paysans du Sud-Ouest en leur attribuant une auréole lumineuse telle celle qui orne la tête des Saints et des Anges. Car les paysans du Sud-Ouest ont plein de vertus : travailleurs, bons, pratiquants, aimant et produisant de bonnes choses.

Il y a des millénaires donc,  les paysans du Sud-Ouest disposaient  d'un attribut lumineux au dessus de leur tête qui diffusait une douce chaleur et réchauffait leur cerveau : ce qui les rendait plus intelligents que les autres.

Cependant à l'usage cette auréole s'avéra plus gênante que bienfaisante. Déjà la nuit, cette lumière les empêchait de dormir. Quand il pleuvait, les gouttes de pluie tombant sur le halo se transformaient en vapeur en produisant un bruit de cocotte minute du diable. Le pire c'était à la chasse ; avec cette lumière au dessus de leur tête ils faisaient fuir tout le gibier et ne ramenaient rien à la maison.

Alors les paysans du Sud Ouest décidèrent de demander à Dieu de supprimer cette auréole encombrante.

Une grande messe solennelle fut dite au cours de laquelle une supplique fut faite à Dieu avec prières ferventes.

Dieu les entendit et décida d'éteindre leurs auréoles.

La nuit suivante les auréoles lumineuses s'éteignirent doucement laissant à leur place une rondelle noire et molle qui retomba sur la tête des paysans et les coiffa dorénavant.

Le béret était né.

Mais Dieu étant bon il laissa au béret plein de qualités : Le béret était resté chaud, il chauffait toujours le cerveau et gardait toute leur intelligence aux paysans. Contrairement à l'auréole, le béret pouvait être enlevé : on pouvait l'utiliser pour mettre les mousserons , les oeufs, les noix tombées de l'arbre, et tous les fruits cueillis en passant. Le béret servait aussi à battre le chien désobéssant, tuer les mouches et les guêpes envahissantes. Il pouvait aussi être jeté en l'air en signe de joie. Et surtout à la chasse il ne faisait pas fuir le gibier.

C'est ainsi que le béret s'est perpétué même si de nos jours on le laisse à l'abandon.

Alors quand vous verrez passer une personne portant un béret, respectez-la . Pensez que c'est une rare descendante de ce peuple du Sud Ouest honoré par Dieu pour son bon sens et ses vertus. Amen.

 

 

COMME LE GRAND-PERE

L'histoire est contée par une personne de PECHAUDIER retraitée de l'aviation civile.

Années 60. Gilbert, originaire de Péchaudier est revenu voir sa famille à l'occasion des fêtes de Noël. Il y a là,  ses parents, ses frères et soeurs et la vieille grand-mère un peu sourde, assise près du feu. Elle ne parle pas beaucoup mais essaie d'écouter ce qui se dit.

Gilbert "a réussi" , il est ingénieur aéronautique à Bordeaux. Alors il raconte son métier à sa famille. Il leur dit qu'actuellement ils sont en train de construire un avion capable de passer le mur du son.

- Le problème, dit-il, c'est quand il passe le mur du son, l'avion "pète", et les vibrations produites par l'explosion endommagent les fixations de la structure

La grand-mère, qui essaie de suivre la conversation et a vaguement entendu le mot péter,  comprend que cela pose problème, et dit alors.

- Oh, bé, c'est pas grave ça ! Té, je vais te dire, quand ton pauvre grand père a acheté sa première voiture, c'était invivable quand on partait quelque part. Ton grand père,  il n'arrêtait pas de péter et ça sentait mauvais. Et bé pour votre avion, vous avez qu'à faire ce qu'on a fait pour ton grand-père :

-on le faisait péter avant de partir, comme ça on était tranquille !

 

 

LA QUEUE DU DIABLE.

Cette histoire originaire du Lauragais a été contée par Charles Mouly auteur des aventures de Catinou et Jacouti.

Nous sommes avant la 1ère guerre mondiale. Ernest et Augustine vivent dans une modeste ferme du Lauragais où ils élèvent quelques poules, canards et dindons. Ils ont aussi une chèvre et une vache. Ernest est cantonnier, il part le matin et ne rentre que le soir. Augustine reste à la maison et s'occupe de leurs 6 enfants. Ernest et Augustine ne sont pas très cultivés, ils sont très croyant et aussi superstitieux.

Un soir, alors qu'Ernest rentre du travail, sa femme et ses enfants l'attendent affolés au bout du chemin qui mène à leur ferme.

- vite, vite, lui crie Augustine, dépêche-toi, on a le diable qui est entré dans la maison !

- et comment tu le sais ? lui demande Ernest.

- Et bé, il est au grenier, il fait un boucan terrible, il fonce sur les murs, les portes, il va nous démolir la maison !

Alors Ernest prend 2 décisions.

1 : il envoie son ainé chercher le curé pour désensorceler la maison et chasser le mauvais esprit.

2 : il va aller voir ce diable de plus près.

Laissant sa musette et sa gamelle à sa femme il se dirige vers la maison et monte au grenier malgré les supplications de sa femme.

Arrivé près de la porte du grenier, Ernest entend effectivement les coups redoublés que le diable porte sur les murs et les menuiseries. Respirant un grand coup, Ernest ouvre la porte, la referme derrière lui et se retrouve dans le noir le plus complet. Il aperçoit malgré tout, les 2 yeux brillants du diable qui le regardent méchamment. Alors Ernest, s'élance au jugé vers les 2 yeux, il réussit à agripper quelque chose de poilu, mais  le diable se défend. Ernest saisit alors ce qui semble être la queue du diable, et essaie de le tirer vers la porte. C'est alors qu'il reçoit un grand coup dans l'estomac, qui le projette vers la porte. A demi assomé, Ernest réussit à ouvrir la porte, sort et la referme derrière lui.

Décidément ce diable est trop fort. Cependant Ernest réussit à descendre de l'escalier, à sortir de la maison où l'attendent non seulement sa femme et ses enfants, mais aussi les voisins alertés par tout ce remue-ménage.

Quand Ernest sort, il est tout dépenaillé, mais il tient à la main la preuve qu'il a combattu le diable : une touffe de poils rêches et puant.

En les voyant, Marceline, la voisine tombe à genou et se prosterne devant Ernest, levant les yeux au ciel.

- Merci, Mon Dieu, je sais maintenant où est passé mon bouc qui avait disparu depuis 2 jours !

 

UN INCONNU DANS LA NUIT *

 

Années 30 du côté de Sorèze.

Joseph était sourd, complètement sourd. Il vivait seul dans une vieille maison isolée, sans électricité. 

Du fait de son handicap, Joseph était très méfiant, constamment aux aguêts. Surtout la nuit. Aussi couchait-il avec son fusil de chasse chargé et les volets ouverts.

Une nuit se pleine lune , alors qu'il dormait profondément, il croit entendre un bruit. Tout doucement, il saisit son fusil, se lève et aperçoit face à lui un homme  tenant aussi un fusil. Alors Joseph n'hésite pas, il pointe son fusil vers l'inconnu qui fait de même. Pour Joseph c'est un cas de légitime défense, alors, il tire, une fois, deux fois...Constate que l'inconnu a disparu et se recouche tranquillement comme si de rien n'était.

Ce n'est que le lendemain matin, au petit jour que Joseph s'aperçut qu'il avait brisé le miroir de son armoire à glace. Il avait tiré sur son image.

 

 

 LES PRECEDENTES..

 

 LES MICHES D'EUGENIE *

 

Années 50 du côté de Saint Avit.

Paul et Eugénie, un couple de vieux paysans vivaient toujours dans leur ferme. Paul vint à tomber malade et son état empirait de jour en jour. Le médecin passait le voir tous les jours et la sécurité sociale ne payait pas tout.

Même en ces douloureuses circonstances Eugénie restait économe. A ce moment là, un boulanger passait une fois par semaine de ferme en ferme. Eugénie lui achetait 2 miches , c'était largement suffisant pour les 8 jours à venir.

Or le boulanger passa au moment de la maladie de Paul justement lors d'une visite du médecin.

- Je vous laisse 2 miches comme d'habitude? demanda-t-il à Eugénie.

- Je ne sais pas trop, répondit-elle, le Paul est au plus mal. Je vais aller demander au médecin ce qu'il en pense.

Après avoir pris conseil auprès du médecin qui auscultait son mari, Eugénie revint et dit au boulanger:

- laissez-moi 5 miches car le docteur me dit que le Paul est foutu, qu'il en a pour 2 jours au plus. Il va falloir faire l'enterrement et le repas de famille qui va avec.

Or à partir de ce jour là, le Paul se requinquilla. Le 3ème jour il était debout et reprenait ses activités.

Cela ne réjouit pas Eugénie,car voila, il lui restait 3 miches sur les bras. Alors elle prit le chemin de Dourgne avec son vélo et ses 3 miches sur le porte bagage. Elle se rendit chez le médecin avec ses 3 pains et lui dit :

-Tenez avec vos foutaises, il me reste 3 miches, je vous les donne ça paiera largement vos visites.

 

LA VIERGE DES PEUPLIERS *

 

Années 20 Plaine d'En Segonne.

Appolonie est une jeune fille de 16 ans qui vit avec ses frères et soeurs dans une ferme proche du ruisseau des Avaris. Comme tous les enfants de paysans de l'époque elle participe aux travaux. Son rôle à elle est de garder le petit troupeau de vaches dans les prés entre En Segonne et La Métairie Rouge. Ces prés sont bordés par le ruisseau des Avaris et sont encadrés d'une bordure de hauts peupliers où la foudre s'abat souvent.

Appolonie est une jeune fille maladive, pâle et chétive : elle est sans doute tuberculeuse.

Un beau jour au retour du troupeau, ses parents, ses voisins sont frappés de la voir arriver gaie, le teint rosé et les yeux plus vifs qu'à l'habitude.

Le lendemain elle se lève, fraîche et dispose, et semble avoir hâte d'aller mener paître son troupeau. Dans les jours qui suivent son état s'améliore.

Ses parents sont quelque peu stupéfaits. Ils la questionnent, lui demandent ce qui se passe, mais la jeune fille ne répond pas et semble absente. Un sourire béat éclaire son visage.

Son père pense qu'elle a rencontré un garçon et que chaque jour ils se voient pendant que les vaches paissent. Il la suit, l'espionne de loin. C'est ainsi qu'il constate que sa fille passe de longs moments à étreindre les peupliers, les contempler.

La pensant ensorcelée, il fait venir le curé. Celui-ci l'entend en confession où elle lui avoue que la Vierge Marie lui parle chaque jour à travers les peupliers. Pensant qu'elle est vraiment possédée du démon, il en fait part aux parents. Ceux-ci décident de ne plus l'envoyer garder les vaches et l'enferment dans sa chambre. L'état d'Appolonie va alors empirer, ne mangeant presque plus, elle s'affaiblit de plus en plus, jusqu'au jour où elle va parvenir à s'échapper de sa chambre et à gagner péniblement le pré aux peupliers. C'est là que l'on va la retrouver dans un état second, allongée face contre terre, au pied d'un des peupliers.

Appolonie a été placée par ses parents dans un couvent où elle a fini rapidement ses jours. 

A aucun moment elle n'a bénéficié d'un suivi médical

 

LE TRESOR DES REBELLES *

 

Moyen-Âge dans la plaine des Rebelles près du hameau d'En Benne en bordure de l'ancienne route de Revel longeant le ruisseau de Rieutort.

A cette époque, une petite communauté vivait là. Il semblerait qu'elle ait fait l'objet d'une attaque de troupes seigneuriales ou royales pour cause de rebellion (Religieuse ou Jacquerie ?).

Ayant été informés de cette attaque les habitants du lieu décident de fuir non sans avoir auparavant mis à l'abri les biens précieux (cloche, objet du culte, ...) qu'is jettent dans le puits.

Le village est rasé.

De nos jours, lors de labours profonds on remonte en ce lieu des morceaux de tuiles, de pierres à bâtir mais il reste surtout la légende des Rebelles.

Les anciens qui racontaient cette histoire disaient que le "trésor" est toujours là. En effet il n'était pas rare, les jours d'orage, quand le tonnerre grondait, d'entendre le son des cloches s'entrechoquant au fond de la terre.

Dans les années 1960, un radiesthésiste local avait trouvé avec son pendule la présence d'éléments métalliques en un point de ce lieu "à 3 ou 4 m de profondeur" . Il avait proposé au propriétaire de creuser et de partager le trésor. Aucune fouille n'a jamais été entreprise. Dans les années 1980 des archéologues soréziens étaient venus relever des éléments de construction qui avaient été mis à jour lors de travaux agricoles dans cette plaine dite "des Rebelles". La légende continue d'autant que les archives mentionnent la présence d'une église dans le secteur. Eglise jamais localisée par ailleurs.

 La légende des cloches englouties existe aussi dans la commune voisine de Lescout à propos du lieu appelé "Lé Gourp de las campanos"" situé dans un méandre de la rivière "Le Sor" 

 

  LE CHEVAL DE FERNAND *

Dans les années 20 entre Lagardiolle et Lempaut

Fernand habitait une ferme avec son épouse. Ils n'avaient pas d'enfants. Fernand faisait commerce de "répoupets" c'est à dire de jeunes veaux qu'on enlevait à leur mère pour les vendre à des éleveurs. Fernand était un routier de l"époque , il passait son temps sur les routes avec son vieux cheval et sa "calse" attelée et dans laquelle il transportait les veaux d'une ferme à l'autre.

Fernand buvait beaucoup. Il buvait dès le matin lorsqu'il allait acheter un veau dans une première ferme. Il buvait dans la matinée, lorsqu'il apportait le veau dans une deuxième ferme et ainsi de suite. Comme Fernand visitait cinq à six fermes par jour cela faisait autant de coups à boire. Sans compter le bistrot à midi pour l'apéro et le bistrot du soir avant de rentrer. Autant dire que Ferrnand était un sacré pochard.

Cependant il rentrait tous les soirs sans encombres, car son cheval était habitué aux libations de son maître.

Tous les soirs à la tombée de la nuit on pouvait croiser la "calse" de Fernand qui rentrait à la maison. Fernand cuvait son vin endormi sur la paille parfois peu fraiche au fond de la carriole, son cheval assurant le retour avec efficacité et autonomie. Tous les soirs la femme de Fernand récupérait son mari et rentrait le cheval. Tous les soirs il en prenait pour son grade mais le lendemain matin tout recommençait.

Mais Fernand était célèbre pour avoir été plus rapide que l'éclair. Un soir alors qu'il était passablement éméché au moment de rentrer, l'orage grondait, de gros nuages porteurs de pluie avançaient inexorablement. Alors Fernand dans un reste de lucidité est monté dans sa "calse" et s'est juré d'aller plus vite que le front orageux. Fouettant son cheval à grands cris, la "calse" lancée à fond vers la maison , la pluie derrière à 2 ou 3 mètres, Fernand allait plus vite que l'éclair. C'est ainsi que Fernand est arrivé chez lui, entièrement sec juste avant qu'une grosse averse orageuse ne se déclenche. Fernand et son cheval avaient vaincu les nuages. Il était arrivé sans se mouiller.

Mais malheureusement, sa femme l'attendait sur le pas de la porte et pour le dégriser elle lui a jeté dessus un grand seau d'eau.

Dommage !

 

A suivre pour une nouvelle histoire prochainement....